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La broderie merveilleuse

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: Ajouté le 31/7/2007 à 14:29



Il était une fois une veuve très pauvre qui vivait avec ses trois fils dans une petite maison de pierres sèches. Elle gagnait de quoi nourrir ses enfants en allant vendre au marché les merveilleuses étoffes qu'elle brodait de fleurs, d'oiseaux et d'animaux frémissants de vie. Une nuit, elle fit un rêve. Elle avançait vers un village qui ressemblait au sien, mais bien plus beau. Les maisons à trois étages s'élevaient parmi des jardins luxuriants. Un ruisseau scintillait au pied de la montagne, et les pâturages étaient parsemés de vaches et de moutons dodus.

Dès qu'elle se réveilla, elle décida de broder son rêve sur un grand carré de laine. Trois ans durant, elle travailla jour et nuit. Ses yeux usés laissaient tomber sur son ouvrage des larmes de sang, dont elle fit des fleurs et un soleil. Quand elle eut terminé, elle appela ses fils :

- Regardez !

Les trois garçons n'avaient jamais rien vu d'aussi beau.

- Allons à la lumière du jour, nous verrons mieux.

Ils posèrent la grande étoffe sur un rocher et s'éloignèrent un peu pour l'admirer.

Alors, un brusque coup de vent traversa la campagne et emporta la broderie, qui disparut dans le cil comme un oiseau. Toute la journée, et le lendemain, les trois garçons explorèrent la montagne, en vain. Dès lors leur mère ne voulut plus travailler et se laisse dépérir. Elle dit à l'aîné :

- Pars à la recherche de la broderie perdue. Si dans un an tu n'es pas revenu, je mourrai.

Le lendemain, le garçon se mit en route. Au bout d'un an, il n'était pas revenu. La mère fit partir son deuxième fils. Lui non plus ne revint pas.

Le troisième fils, Losang, s'en alla à son tour vers le soleil levant. Il marcha longtemps. Un jour, il arriva devant une vaste plaine verte, et, au loin, il aperçut une petite maison, devant laquelle un cheval se tenait immobile. En s'approchant, Losang vit que le cheval était en pierre. Une vieille femme sortit de la maison.

- Je t'attendais, dit-elle. Je sais ce que tu cherches. Tes deux frères m'ont tout raconté. Ils sont passés par ici, et je leur ai dit : "Votre voyage sera périlleux. Si vous préférer rentrer chez vous, je vous donnerai pour la route un coffret plein de pièces d'or." Ils ont accepté et sont allés vivre en ville.
- Ton or ne m'intéresse pas, dit Losang. Indique-moi plutôt la route à suivre pour retrouver la broderie de ma mère.
- Alors écoute-moi. Ce n'est pas un coup de vent ordinaire qui a emporter le tissu brodé. Ce sont les fées de la montagne ensoleillée qui l'ont pris. TU ne pourras atteindre leur pays qu'avec l'aide de ce cheval. Il reprendra vie si tu plantes dans ses mâchoires tes propres dents pour qu'il puisse manger dix brins de fourrage.

Losang se brisa les dents avec un caillou et les mit dans la bouche du cheval, qui mangea les dix brins de fourrage et s'ébroua, plein de fougue. Losang sauta en selle et parti au galop. Le cheval franchit d'un bond un volcan crachant des flammes, traversa un glacier aux profondes crevasses, plongea dans un océan où la tempête soulevait des vagues monstrueuses. Sur l'autre rive, un montagne verte se dressait dans le soleil.

Les fées étaient assises dans l'herbe, occupées à broder. la plus jeune s'adressa en souriant au jeune homme :

- Demain matin, tu pourras emporter la broderie de ta mère. Alors nous aurons fini de la recopier. D'ici là, tu es notre hôte.

Jusqu'au soir, Losang se promena avec la jeune fée. Le soir elle lui dit :

- Avant de nous séparer, je veux te faire un cadeau. Dans le paysage rêvé par la mère, au bord du ruisseau, elle broda avec un fil d'or sa propre image.

Le lendemain, Losang repartit avec la broderie merveilleuse. Il chevaucha longtemps. Arrivés chez lui, il bondit dans la maison :

- Mère, regarde !

Sa mère se redressa, illuminée par la joie.

- Allons au soleil, nous verrons mieux.

Au moment où ils sortirent, un coup de vent arracha le tissu des mains de Losang.

Mais cette fois, au lieu de disparaître au loin, le paysage de rêve se mit à grandir, à grandir, jusqu'à recouvrir toute la contrée. Les jardins s'épanouirent autour des maisons à trois étages, les vaches et les moutons s'animèrent dans les prairies, le ruisseau dévala la montagne. Au bord de l'eau scintillante, la jeune fée était penchée. Losang courut vers elle, et ils s'embrassèrent en riant. Ils se marièrent et vécurent heureux dans leur pays de rêve.

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» Catégorie Les contes et la mythologie
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19/10/2007 - Commentaire sans titre

Posté par hirondelle1

sa me conviens mais moi c'est une fille et 2 garçons que j'ai

maintenant ils ont plus de 40ans

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8/8/2007 - Commentaire sans titre

Posté par Atmosphere88

 

J'adore vraiment ce texte, et je le relis avec plein d'attention,

Bonne et douce journée à toi

Bisous de Anne

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7/8/2007 - Commentaire sans titre

Posté par Atmosphere88

 

Comme il fait bon lire de jolis contes, prendre le temps d'aller jusqu'au bout, et d'en savourer... le rêve !

Sans le rêve, que serions-nous ? rien, totalement démunis de toute forme de pensée hormis la pensée cartésienne, et là... chez toi, je m'évade.. si seulement on avait un fil d'or pour remettre des montagnes et des ruisseaux...

Je t'embrasse douce Amie,

Bon courage dans les cartons héhé;

Anne *****

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