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Le roi des rêves

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: Ajouté le 3/7/2007 à 08:42



Il était une fois trois soeurs qui n'avaient plus ni père, ni mère.

- Nous allons mourir de faim, de disaient-elles. Que faire ? Où aller ?
- Nous allons travailler, dit la plus jeune, qui était aussi la plus belle et la plus intelligente.
- Mais nous ne savons faire aucun travail ! répondirent les deux autres.
- Nous trouverons bien quelque chose à faire, dit la plus jeune. Mettons-nous en route et cherchons !

Ce ne fut pas facile, mais pour finir, un drapier accepta de les prendre à son service. Il leur faisait broder des foulards qu'elles allaient vendre ensuite au marché. Mais, même en travaillant de l'aube au crépuscule, elles gagnaient à peine de quoi ne pas mourir de faim. Elles décidèrent donc de travailler aussi pendant la nuit, en se relayant. Chaque nuit, deux d'entre elles dormaient, pendant que la troisième brodait, assise près du feu.

Une nuit que la plus jeune était à son travail, elle sentit que ses yeux se fermaient. Elle ne savait que faire pour se tenir éveillée. Alors elle chantonna en regardant le feu :

- Prends pitié de moi, Cher seigneur des rêves, Tiens-moi éveillée jusqu'au matin.

Soudain une grande flamme jaillit, et un beau jeune homme coiffé d'une couronne se dressa devant elle.

- Est-ce toi qui m'a appelé ? dit-il. Je suis le roi des rêves, et je te tiendrai compagnie jusqu'au matin.

Toute la nuit, ils bavardèrent. peu avant l'aube, le roi des rêves se leva pour partir.

- Attendez au moins que j'aie fini de broder cette petite rose ! supplia la jeune fille.
- Je dois être parti avant le premier chant du coq, dit le jeune homme. Mais je reviendrai si vous m'appelez.

Alors le coq chanta, et le roi des rêves s'effaça comme emporté par le vent.

Pendant deux jours, la jeune fille fut triste et nerveuse. Elle attendait impatiemment son tour de veille. La troisième nuit, elle s'assit près du feu avec sa broderie et, quand elle sentit ses yeux se fermer, elle murmura :

- Prends pitié de moi, Cher seigneur des rêves, Tiens-moi éveillée jusqu'au matin.

Aussitôt la flamme jaillit et le roi des rêves fut devant elle. Ils passèrent la nuit ensemble et, quand l'aube approcha, il se leva.

- Attendez que j'aie fini de broder cette petite feuille ! supplia la jeune fille.

Mais le roi des rêves disparut comme la première fois.

Il en alla ainsi pendant toute une année. Toutes les trois nuits, les jeunes gens se retrouvaient et s'aimaient toujours davantage. A la fin de l'année, un fils naquit, et le roi des rêves lui donna une bague ornée d'une splendide pierre précieuse. Le garçon se développa à une vitesse prodigieuse. Il put marcher avant un an, parler avant deux ans. A trois ans, il sortait pour aller jouer sur la route.

Un jour qu'il jouait ainsi tout seul devant la maison, un carrosse doré s'arrêta, et une noble dame en sortit. C'était la reine de ce pays. Elle contempla avec émerveillement le petit garçon, qui ressemblait exactement au fils qu'elle avait perdu depuis si longtemps.

- Mon enfant, demanda-t-elle, veux-tu me montrer la bague que tu portes au doigt ?
- C'est mon père qui me l'a donnée, répondit l'enfant, en la montrant fièrement.
- Mais c'est la bague que j'avais donnée à mon fils ! s'exclama la reine.

Elle prit le petit garçon dans ses bras et entra dans la maison. les trois soeurs lui parlèrent de leur dur travail, et la plus jeune lui raconta ses rencontres avec le roi des rêves.

- C'est mon fils ! s'écria la reine. Demandez-lui de venir !
- Il vient seulement la nuit, dit la jeune fille, et il disparaît avant le premier chant du coq.
- Eh bien, dit la reine, venez avec moi au palais. Vous l'appellerez de là-bas.

Elle emmena les trois soeurs et l'enfant à son château, et elle ordonna de tuer tous les coqs, pour que son fils ne fût pas obligé de s'enfuir au matin. Mais cette précaution fut inutile. La nuit venue, la jeune fille appela :

- Prends pitié de moi, Cher seigneur des rêves, Tiens-moi éveillée jusqu'au matin.

Aussitôt le prince apparut, comme porté par le vent, et dit :

- Je ne vous quitterai plus jamais. Sept années se sont écoulées depuis que j'ai été victime de la sorcière, et l'enchantement a été rompu grâce à la fidélité de ma femme.

On organisa un grand bal pour fêter le retour du fils retrouvé. La reine annonça que le prince monterait sur le trône et que sa jolie épouse serait reine.

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» Catégorie Les contes et la mythologie
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